mardi 17 février 2009
Marceline Desbordes-Valmore / 1786-1859
Poème de Marceline Desbordes-Valmore/ Les séparés.
Biographie/
Marceline Desbordes-Valmore est la fille d'un peintre en armoiries, devenu cabaretier à Douai après avoir été ruiné par la Révolution. À la fin de 1801, Marceline et sa mère partent pour la Guadeloupe, après un séjour à Rochefort et à Bordeaux, où Marceline est comédienne. En mai 1802 la mère de Marceline meurt de la fièvre jaune et en septembre de la même année Marceline, de retour en métropole, joue au théâtre à Lille et à Douai. Comédienne et chanteuse, elle se produit notamment à l'Opéra-Comique et au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, où elle incarne Rosine dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais. Au cours de sa carrière théâtrale elle joue souvent des rôles d'ingénue. Elle crée plusieurs pièces de Pigault-Lebrun, rencontre Talma, qu'elle admire, Marie Dorval et surtout Mademoiselle Mars, qui sera son amie jusqu'à la fin de ses jours.
Elle perd un fils de cinq ans, en 1816, né d'une liaison avec un comédien, qu'elle nomme Olivier dans ses poèmes. Elle se marie en 1817 avec un acteur, Prosper Lanchantin, dit Valmore. Elle en a trois enfants, dont un seul, Hippolyte Valmore, lui survivra. Elle publie en 1819 son premier recueil de poèmes, Élégies, Marie et Romances. Par la suite ses ouvrages les plus importants sont en 1824 des Élégies et poésies nouvelles, en 1833 les Pleurs, en 1839 Pauvres fleurs et en 1843 Bouquets et prières, toutes œuvres dont le lyrisme et la hardiesse de versification sont remarqués, ce qui lui vaut une pension royale sous Louis-Philippe et plusieurs distinctions académiques. Elle donne aussi des nouvelles et compose des Contes, en prose et en vers, pour les enfants.
Son instruction limitée est compensée par son grand travail d'autodidacte. Honoré de Balzac, qui admirait sincèrement son talent et la spontanéité de ses vers, « assemblages délicats de sonorités douces et harmonieuses et qui évoquent la vie des gens simples »[1] lui écrivait en avril 1834 en parlant d'elle-même :« (...) Elle a donc conservé le souvenir d'un cœur dans lequel elle a pleinement retenti, elle et ses paroles, elle et ses poésies de tout genre, car nous sommes du même pays, Madame, du pays des larmes et de la misère. Nous sommes aussi voisins que peuvent l'être, en France, la prose et la poésie, mais je me rapproche de vous par le sentiment avec lequel je vous admire. ». [2],[3]
Elle est ainsi considérée comme une poétesse ayant joué un rôle majeur dans l'évolution de l'écriture par Paul Verlaine, qui déclare : « Nous proclamons à haute et intelligible voix que Marceline Desbordes-Valmore est tout bonnement […] la seule femme de génie et de talent de ce siècle et de tous les siècles […] »[4]. On lui sait gré d'avoir introduit des formes nouvelles : « […] Marceline Desbordes-Valmore a, le premier d’entre les poètes de ce temps, employé avec le plus grand bonheur des rythmes inusités, celui de onze pieds entre autres […] »[5]. Son personnage romantique d'autodidacte dont la vie malheureuse aurait nourri une sensibilité féminine n'est pas non plus étranger à ce succès. Charles Baudelaire s'intéresse plus à la personne qu'aux vers quand il affirme : « Mme Desbordes-Valmore fut femme, fut toujours femme et ne fut absolument que femme ; mais elle fut à un degré extraordinaire l’expression poétique de toutes les beautés naturelles de la femme suivi en cela par toute une tradition au XXe siècle.
Une poésie d'avant-garde/
Première en date des poètes du romantisme, une des plus grandes poétesses depuis Louise Labé, Marceline Desbordes-Valmore, en dépit d'une prolixité intermittente, est en réalité un précurseur inattendu des maîtres de la poésie française moderne : Rimbaud et surtout Verlaine. On lui doit l'invention de plus d'un rythme : celui des onze syllabes et la génèse de Romances sans paroles.[7]
Cette soi-disant ignorante était une savante méconnue. Au surplus, elle fut la marraine indiscutable de « muses » de la fin du siècle : Anna de Noailles , Gérard d'Houville, Renée Vivien, Cécile Sauvage, Marie Noël. Son importance n'a fait que croître avec le temps : elle reste encore à découvrir.[8]
Notes/
↑ Honoré de Balzac. Correspondance.t.II. P 456.
↑ cité par Roger Pierrot dans : Honoré de Balzac La Comédie humaine. La Pléiade .t.X. Introduction et notes à La Recherche de l'absolu
↑ La poétesse avait aidé Honoré de Balzac à élaborer le cadre de son roman La Recherche de l'absolu qui se situe à Douai , ville que l'auteur de La Comédie humaine connaissait mal. Samuel S de Sacy. p.298.Notes sur Jésus-Christ en Flandre . Folio Classique . 1980
↑ Œuvres en prose complètes, Gallimard, coll. « Pléiade », 1972, p. 678
↑ Ibid., p. 674
↑ Curiosités esthétiques. L'Art romantique, Garnier, coll. « Classiques Garnier », 1962, p. 745
↑ Yves-Gérard Le Dantec . Dictionnaire des auteurs Laffont-Bompiani. p. 803
↑ Ibid
Divers/
L'un de ses poèmes, Les roses de Saadi, est l'objet d'une double planche de BD dans l'œuvre humoristique de Marcel Gotlib, La Rubrique-à-brac. Ce poème a également été mis en musique par un groupe de rock alternatif français,"les Hurleurs", sur leur album Bazar en 2000.
Julien Clerc a mis en musique son poème Les séparés et l'a enregistré sur son album Julien (1996). Guillaume Jouan en a fait de même pour la Sincère, interprété par Karin Clercq (Après l'Amour, 2005). Benjamin Biolay a également interprété "Les séparés" (en version bonus track) sur son album Trash Yéyé paru en septembre 2007.
Œuvres/
Chansonnier des grâces (1816)
Élégies et romances (1819)
Elégies et Poésies nouvelles (1825)
Album du jeune âge (1829)
Poésies (1830)
Les Pleurs (1833)
Pauvres Fleurs (1839)
Bouquets et prières (1843)
Poésies posthumes (1860, posthume)
Bibliographie/
Sainte-Beuve : Portraits contemporains. t.II Paris. 1846 et Causeries du lundi.t.XIV. Paris 1862 et Nouveaux Lundis t. XII.
Lucien Descaves : La vie douloureuse de Marceline Desbordes-Valmore. Paris. 1898 . réédité par les éditions d'art et de littérature. 1910
Stefan Zweig : Marceline Desbordes-Valmore. Paris. 1924
Jacques Boulenger : Marceline Desbordes-Valmore, sa vie et son secret.Paris. 1927
Manuel Garcia Sesma : Le Secret de Marceline Desbordes-Valmore. Paris . 1945
Madeleine Fargeaud : Autour de Balzac et de Marceline Desbordes-Valmore. Revue des Sciences humaines. avril--juin 1956
Œuvres poétiques de Marceline Desbordes-Valmore. Édition complète établie et commentée par M. Bertrand.2 volu. Presses Universitables de Grenoble. 1973.
Eliane Jasenas : Marceline Desbordes-Valmore devant la critique. éditions Minard. 1962.
Jeanine Moulin : Marceline Des-bordes-Valmore. éditions Seghers , coll. Poète d'aujourd'hui. 1955.
Georges-Emmanuel Clancier : Marceline Desbordes-Valmore ou le génie inconnu. Panorama de la poésie française. Seghers. 1983.
Robert Sabatier : Marceline Desbordes-Valmore dans : La poésie française du XIXe siècle. t.I. Albin-Michel. 1977.
Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859)
A l'amour (Elégies)
A ma soeur Cécile (Poésies inédites)
A Rouen, rue Ancrière (Poésies inédites)
Allez en paix (Poésies inédites)
Ame et jeunesse (Elégies)
Amour, divin rôdeur (Poésies inédites)
Au livre de Léopardi (Poésies inédites)
Aux trois aimés (Bouquets et prières)
Avant toi (Elégies)
Aveu d'une femme (Elégies)
Cigale (Poésies inédites)
Crois-moi (Poésies inédites)
Croyance (Elégies)
Dernière entrevue (Poésies inédites)
Dors ! (Elégies)
Dors-tu ? (Les Pleurs)
Fierté, pardonne-moi ! (Poésies inédites)
Fleur d'enfance (Elégies)
Hiver (Elégies)
Inès (Poésies inédites)
J'avais froid (Elégies)
Je l'ai promis (Elégies)
Je ne sais plus, je ne veux plus (Romances)
Jeune homme irrité (Mélanges)
Jour d'Orient (Poésies inédites)
L'âme errante (Poésies inédites)
L'ami d'enfance (Poésies inédites)
L'amour (Mélanges)
L'attente (Les Pleurs)
L'églantine (Mélanges)
L'église d'Arona (Elégies)
L'enfant au miroir (Poésies inédites)
L'entrevue au ruisseau (Poésies inédites)
L'esclave et l'oiseau (Poésies inédites)
L'espoir (Romances)
L'horloge arrêtée (Elégies)
L'impossible (Les Pleurs)
L'imprudence (Elégies)
L'innocence (Poésies inédites)
L'oreiller d'un enfant (Poésies inédites)
La couronne effeuillée (Poésies inédites)
La fidèle (Romances)
La fleur d'eau (Elégies)
La jeune châtelaine (Poésies)
La jeune fille et le ramier (Poésies inédites)
La lune des fleurs (Poésies inédites)
La maison de ma mère (Elégies)
La mère qui pleure (Poésies inédites)
La ronce (Elégies)
La rose flamande (Poésies inédites)
La sincère (Les Pleurs)
La voix d'un ami (Poésies inédites)
Laisse-nous pleurer (Poésies inédites)
Le beau jour (Poésies)
Le bouquet sous la croix (Poésies)
Le coucher d'un petit garçon (Les Pleurs)
Le dernier rendez-vous (Romances)
Le grillon (Elégies)
Le Luxembourg (Elégies)
Le nid solitaire (Poésies inédites)
Le papillon malade (Mélanges)
Le pardon (Romances)
Le portrait (Romances)
Le premier amour (Romances)
Le rendez-vous (Romances)
Le réveil (Romances)
Le rossignol aveugle (Mélanges)
Le secret (Poésies)
Le soir (Romances)
Le souvenir (Romances)
Le ver luisant (Poésies)
Les cloches du soir (Mélanges)
Les cloches et les larmes (Poésies inédites)
Les deux amitiés (Elégies)
Les éclairs (Poésies inédites)
Les roses de Saadi (Poésies inédites)
Les roses (Idylles)
Les séparés (N'écris pas...) (Poésies inédites)
Loin du monde (Poésies inédites)
Ma chambre (Elégies)
Malheur à moi (Les Pleurs)
Ne fuis pas encore (Romances)
Plus de chants (Elégies)
Point d'adieu (Elégies)
Pourquoi ? (Poésies inédites)
Prière pour lui (Elégies)
Qu'en avez-vous fait ? (Elégies)
Quand le fil de ma vie... (Elégies)
Refuge (Poésies inédites)
Regarde-le (Fragments)
Regret (Elégies)
Renoncement (Poésies inédites)
Rêve d'une femme (Elégies)
S'il l'avait su (Romances)
Sans l'oublier (Fragments)
Simple histoire (Poésies inédites)
Soir d'été (Poésies inédites)
Solitude (Fragments)
Son image (Elégies)
Son retour (Romances)
Toi ! (Romances)
Toi qui m'as tout repris... (Elégies)
Tristesse (Poésies inédites)
Trop tard (Poésies inédites)
Tu n'auras pas semé... (Poésies inédites)
Un arc de triomphe (Elégies)
Un billet de femme (Elégies)
Un cri (Poésies inédites)
Un moment (Romances)
Une lettre de femme (Poésies inédites)
Une ruelle de Flandre (Poésies inédites)
Veillée (Elégies)
Source/Wikipédia
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