dimanche 4 septembre 2011
mardi 23 août 2011
jeudi 18 août 2011
Faut que ça tombe, ça tonde que ça cloue et que ça cogne.
jeudi 18 août 2011
Faut que ça saigne., et si ça saigne , il y a la cure d'éventration , respectons les chirurgiens du mou., les chirurgiens du dur , les orthopédistes, les endocrinos, les gastro entérologues, les ophtalmologistes , les oto rhino laryngo ,les sexologues, les zoologues, les réeducateurs, les adaptateurs, les kinés, les psychiatres, les neurologues, les observatologues, les cardiologues, les diagramologues, les graphologues, les conseillologues ,
y'en a des logues je dois en oublier., les pipilogues, les chatologues, les chatouiollogues , la noblesse ô logue,
les schématologues , les doutologues, les arffirmologues, la liste est longue .
Les dresseurs de chiens, ils frappent fort et longtemps, je vais faire court j'ai plus de tête.
Madame L et le grand chien blanc à taches jaune et à tête carré , vous savez il est jamais loin , je vais faire court , j'ai plus de tête .
Et les bûcheronnes c'est pour les bûcherons.
En promenade éphémère et l'art de la fugue, en bord de mer , le plus loin possible.
En cessation d'activité , tous points ici ne donnent aucune réponse , ne montant aucune entreprise , je retourne à l'asile avec mes aliénés , nous serons amusants , drôles, inconséquents et je n'aurais ni manche, ni cognée, ni oeuvre.
Nous mettrons les e à la place des o des a à la place des i des u à la place de ceux qui n'en ont pas, des bus des vus des tus des sus des pus des rus des mus , des a des b des c des d des e des f , des pointues des carrés des rectangles des triangles et nous jouerons à la corde à sauter , la tapette à mouche , la roulette russe, au manège enchanté, aux dames , aux petits chevaux , au jeu de l'oie, au nain jaune,à la bêbête qui monte qui monte et qui descend .
Et surtout surtout nous deviendrons sourds aveugles et muets, il nous plaira de n'être pas tristes., et si nous avons la possibilité de loger dans les trous de nos cerveaux quelques fleurs sur les tombes, nous ne le ferons pas, on fera rien , je croyais le monde plus amusant , mais il n'en est rien , partout le monde est triste.
Nous essaierons de ne pas l'être avec la musique.
Les fols étés , les folles nuits et les couchers de soleil , pauvre ami. tout ce que l'on ne dit pas est écrit en gros sur le nez au plein milieu de notre figure et je n'ai pas besoin de me justifier , juste un poème , rien à gagner , tout à perdre et tout le temps.
Que rien n'empêche de vivre .
mercredi 10 août 2011
La nuit touche à l'invention de la vie
ce temps bousculant en rafales les bruits
ce temps menacé par la vigueur de la mort
ce temps qui bat aux oreilles le sang
la foule se lève et gronde au plein soleil , au brûlant d'une épaule ,
plante les pieds d'une lame , bouillonnement de robe rouge
elle est venue la nuit retourner le temps
un gant de soie et de couteau senois ,
la nuit
n'appartient pas
n'appartient plus
elle est donnée un doigt sur la bouche
ce frémissement sur les eaux calmes et les herbes d'argent,
une féerie
la nuit dans la nuit
la sombre patience des flots .
ce temps bousculant en rafales les bruits
ce temps menacé par la vigueur de la mort
ce temps qui bat aux oreilles le sang
la foule se lève et gronde au plein soleil , au brûlant d'une épaule ,
plante les pieds d'une lame , bouillonnement de robe rouge
elle est venue la nuit retourner le temps
un gant de soie et de couteau senois ,
la nuit
n'appartient pas
n'appartient plus
elle est donnée un doigt sur la bouche
ce frémissement sur les eaux calmes et les herbes d'argent,
une féerie
la nuit dans la nuit
la sombre patience des flots .
dimanche 26 juin 2011
mercredi 22 juin 2011
jeudi 28 avril 2011
mercredi 27 avril 2011
mardi 26 avril 2011
lundi 25 avril 2011
vendredi 22 avril 2011
La neige recouvre lentement le lit du fleuve
le fleuve recouvre la vie
la vie recouvre le fleuve
une pierre un rocher une pierre plate
un visage levé
regard vert
regard bleu
l'ocre est de dos
il faut le retourner
l'ocre est de face
de ventre et de pieds
la neige danse bel
boire la vie recouvrée dans des coupes de cristal
D'où viens tu
toi que déjà j'ai reconnu avant de te connaître
intimement étrange
un ciel de brasse léger et dense
ce jour à la terrasse d'enfant , douceur et détresse,
ces deux tons poisson vairon dansent
un point indéfini et infini , ce grand choc doux ,
de ces excès nous nous aimons féroces
nous nous dévoilons
une bourrasque un orage un soleil en eaux
des guignes nous pleurons et rions tour à tour
des guignes aux oreilles qui bondissent à nos joues
en passant nous regardons le temps passer
nous nous ferons mal de l'amour
restons un peu là à nous promener
à regarder monter la nuit
nous n'avons pas de mots
le fleuve recouvre la vie
la vie recouvre le fleuve
une pierre un rocher une pierre plate
un visage levé
regard vert
regard bleu
l'ocre est de dos
il faut le retourner
l'ocre est de face
de ventre et de pieds
la neige danse bel
boire la vie recouvrée dans des coupes de cristal
D'où viens tu
toi que déjà j'ai reconnu avant de te connaître
intimement étrange
un ciel de brasse léger et dense
ce jour à la terrasse d'enfant , douceur et détresse,
ces deux tons poisson vairon dansent
un point indéfini et infini , ce grand choc doux ,
de ces excès nous nous aimons féroces
nous nous dévoilons
une bourrasque un orage un soleil en eaux
des guignes nous pleurons et rions tour à tour
des guignes aux oreilles qui bondissent à nos joues
en passant nous regardons le temps passer
nous nous ferons mal de l'amour
restons un peu là à nous promener
à regarder monter la nuit
nous n'avons pas de mots
dimanche 10 avril 2011
lundi 4 avril 2011
Le saule pleure de chatons mimosas
les jonquilles au pré lèvent la tête à la douce heure qui boit la sieste bleue,
les mousses éponges de verveine blotties sous la ployée de lumière, froncent l'étang ,
ses liqueurs frissonnent d 'alevins , ventrus blancs,
des chants d'herbes appareillent, la carpe à l'oeil de cerceaux d'agate,
des colliers des sautoirs des plongeons , des cordes à sauter ,
petites filles des récréations,
des nattes de jonc,
sur le bord de la rive nous tapons du pied
et les têtards boule d'alphabet nouveaux- nés s'ouvre et se ferme
une fleur d'eau noire pulse et bat à l'impact mat de nos pas
dans la verdeur calme de l'eau,
au loin , la maison perce ses premiers bourgeons sur les murs de rousseur,
son teint de lait , passoire de sons ,
l'épeire a brodé un diadème étiré sur la lucarne du grenier
elle recommencera demain à l'ourlet des rosées du levant,
fine brodeuse sous sa pèlerine de mica
couronne d'arc en ciel
enfants de printemps
les jonquilles au pré lèvent la tête à la douce heure qui boit la sieste bleue,
les mousses éponges de verveine blotties sous la ployée de lumière, froncent l'étang ,
ses liqueurs frissonnent d 'alevins , ventrus blancs,
des chants d'herbes appareillent, la carpe à l'oeil de cerceaux d'agate,
des colliers des sautoirs des plongeons , des cordes à sauter ,
petites filles des récréations,
des nattes de jonc,
sur le bord de la rive nous tapons du pied
et les têtards boule d'alphabet nouveaux- nés s'ouvre et se ferme
une fleur d'eau noire pulse et bat à l'impact mat de nos pas
dans la verdeur calme de l'eau,
au loin , la maison perce ses premiers bourgeons sur les murs de rousseur,
son teint de lait , passoire de sons ,
l'épeire a brodé un diadème étiré sur la lucarne du grenier
elle recommencera demain à l'ourlet des rosées du levant,
fine brodeuse sous sa pèlerine de mica
couronne d'arc en ciel
enfants de printemps
samedi 2 avril 2011
dimanche 20 mars 2011
La java de l'entomologiste de la mer
Papillon du jour toujours toujours l'amour
papillon du soir toujours toujours mouchoir
J'écarte au fil de soie les ailes sous les globes de verre
j'encarte les îles à l'aiguille d'un cocon de vair
l'entomologiste anatomise la mer,
presse la poussière d'ancre et d'ambre sur la mer,
bouilleur de cru d'encre,
papillon du jour, toujours toujours l'amour
Un soir d'orage au musée
la beauté fut volée
sur la mer le bateau vogue
la lune peigne d'ivoire ourle les voiles
papillon du soir mouchoir mouchoir
un prince assis sur le volcan qui fume la pipe pleure
la beauté fut volée
le bateau aux marins chantant au vent les ailes sur l'océan
bouilleur de cru d'encre
y aurait-il autre chose
et le silence se fait et se défait
mercredi 16 mars 2011
vendredi 4 mars 2011
le pont de mort le point de vie
L'aube est mouilléeune iris penche
un point de grillon gratte la tête de la terre
les premiers toits coulent dans les fleuves muets
une débâcle où la ville se noie
un cheveu derrière une fenêtre à la dérive
une fine peau pellicule de nuit cargo d'oiseaux
le délire vertige tourne tourne sur la mer
tournée par les pieds le grillon éclate ma tête
le corps est bleu de fièvre dans l'épaisseur crépusculaire
une moitié de lune
une moitié de soleil
au mitan du fleuve
l'aube est mouillée un feu blanc
et le monde crie un enfant de pluie
Quatre heures c’est l’archinoir
à l'armontée calme
les pivoines sous la haie grignotent le muret
le chat trois -pattes sieste enroulée sous les cassis
une respiration de nuit dans son sommeil d'or
Des patois usités dans le Pas de Calais .
L'archinoir : l'heure du goûter
L'armontée : l'après midi qui monte vers la nuit
dimanche 20 février 2011
samedi 19 février 2011
Inturne
J'aimais ces matins,
pâle , une presque morte ,
pour moins on aurait allumé les cierges ,
on aurait appelé l'apôtre pierre et toutes les clés du paradis et de l'enfer,
j'étais encore malade
et je n'irais pas à l'école,
seule Alphonsine me tournait autour en maugréant, violette
violette , un tour de violette,
tatie Nise lui rétorquait , - inturne ! -
cette forme est introuvable,
cette forme était pour moi le plus beau mot du monde,
il était pour moi, le libre amour ,
- inturne - ,
je n'en trouve pas d'autre
pour l'enfance qui est là encore une fois,
encore une fois je n'allais pas à l'école ,
et si de ma chambre Alphonsine débusquait le moindre bruit suspect,
je disais que le chat faisait son grabuge et qu'elle ne le voyait pas ,
il était si léger ce chat qu'elle ne le voyait pas ,
tout résoudre, voilà ce qu'elle voulait , mettre de l'ordre ,
elle en est morte pendant très longtemps
pâle , une presque morte ,
pour moins on aurait allumé les cierges ,
on aurait appelé l'apôtre pierre et toutes les clés du paradis et de l'enfer,
j'étais encore malade
et je n'irais pas à l'école,
seule Alphonsine me tournait autour en maugréant, violette
violette , un tour de violette,
tatie Nise lui rétorquait , - inturne ! -
cette forme est introuvable,
cette forme était pour moi le plus beau mot du monde,
il était pour moi, le libre amour ,
- inturne - ,
je n'en trouve pas d'autre
pour l'enfance qui est là encore une fois,
encore une fois je n'allais pas à l'école ,
et si de ma chambre Alphonsine débusquait le moindre bruit suspect,
je disais que le chat faisait son grabuge et qu'elle ne le voyait pas ,
il était si léger ce chat qu'elle ne le voyait pas ,
tout résoudre, voilà ce qu'elle voulait , mettre de l'ordre ,
elle en est morte pendant très longtemps
mercredi 16 février 2011
lundi 14 février 2011
Les saisons humaines
Tu me demandes l'été
c'est l'hiver mi cuerpo
le passage des saisons
le grain préservé au creux de la pierre
la pierre au repos
le passage de la lumière
le grain calciné
le grain levé
lèves ton visage mi cuerpo
la harpe tressée des torrents.
c'est l'hiver qui danse , sauvage la rivière ,
sa peau sous la glace lève les épaules à la nage ,
gerces profondes bleu d'émail, une perle au creux de l'oreille,
les pas du soleil crissent sur la neige
c'est l'été qui l'embrasse à la rive frileuse
un baiser de joue rouge
un lever de quartier lampe chinoise,
c'est le grain qui bouge et tombe ,
lièvre au gîte , la terre brune ,
ventre au tapis odorant des feuilles,
bouliers de noisettes,
les oreilles des écritures lustrées de poils de martre ,
les billes d'yeux des insectes, piquantes brodées d'ambre,
radicules , fluettes chevelues tissent l'herbe et la motte.
Le solstice des attentes patientes
je viens comme tournent dans le ciel corbeaux,
sautillent brillant rois des plaines
lèvent l'aile et claquent éventail à l'hermine ,
je viens la lumière entre les pierres levées ,
tu me demandes l' été ,
c'est l'hiver mi cuerpo
la harpe tressée des froments , flottille de gueules ponceau ,
c'est l'hiver mi cuerpo
le passage des saisons
le grain préservé au creux de la pierre
la pierre au repos
le passage de la lumière
le grain calciné
le grain levé
lèves ton visage mi cuerpo
la harpe tressée des torrents.
c'est l'hiver qui danse , sauvage la rivière ,
sa peau sous la glace lève les épaules à la nage ,
gerces profondes bleu d'émail, une perle au creux de l'oreille,
les pas du soleil crissent sur la neige
c'est l'été qui l'embrasse à la rive frileuse
un baiser de joue rouge
un lever de quartier lampe chinoise,
c'est le grain qui bouge et tombe ,
lièvre au gîte , la terre brune ,
ventre au tapis odorant des feuilles,
bouliers de noisettes,
les oreilles des écritures lustrées de poils de martre ,
les billes d'yeux des insectes, piquantes brodées d'ambre,
radicules , fluettes chevelues tissent l'herbe et la motte.
Le solstice des attentes patientes
je viens comme tournent dans le ciel corbeaux,
sautillent brillant rois des plaines
lèvent l'aile et claquent éventail à l'hermine ,
je viens la lumière entre les pierres levées ,
tu me demandes l' été ,
c'est l'hiver mi cuerpo
la harpe tressée des froments , flottille de gueules ponceau ,
les ailes du moulin brassent les orges et les malts ,
les brunes germées de miel , les écheveaux de soie,
c'est le printemps violette
qui rassemble et ranime
au dossier des collines la rosée du soleil
veille la nomade débâcle du fleuve,
c'est l'automne
une nuée d'étourneaux montent des rousses terres
soleil noir aux lèvres des nuages
vibrantes cuivres de cymbales ,
tu me demandes l' hiver ,
c'est l'été , des sables légers , rubans de lacs ,
des boucles de brebis , nattes de parfum,
de l'une à l'autre sur la montagne ,
le passage des saisons sur les rides du fleuve ,
il est minuit felicitado, c'est l'été ,
les doigts des hommes lisant le monde
sur le visage de la plus vieille femme
les brunes germées de miel , les écheveaux de soie,
c'est le printemps violette
qui rassemble et ranime
au dossier des collines la rosée du soleil
veille la nomade débâcle du fleuve,
c'est l'automne
une nuée d'étourneaux montent des rousses terres
soleil noir aux lèvres des nuages
vibrantes cuivres de cymbales ,
tu me demandes l' hiver ,
c'est l'été , des sables légers , rubans de lacs ,
des boucles de brebis , nattes de parfum,
de l'une à l'autre sur la montagne ,
le passage des saisons sur les rides du fleuve ,
il est minuit felicitado, c'est l'été ,
les doigts des hommes lisant le monde
sur le visage de la plus vieille femme
jeudi 3 février 2011
La chambre de larmes
Ils ne demandent qu'à faire eaux de toute part comme une barque fragile,mal arrimée.
Les scientifiques, eux qui expliquent mais ne consolent point, diront que le corps est composé à 80% d'humidité.
Où donc se loge le cher petit moi dans ce paysage aquatique.
Ou bien l'âme serait elle aussi fluide, et l'amour n'aurait plus qu'à naviguer entre rosées averses marées et tempêtes.
Le coeur déborde c'est sa beauté.
Les plus douces émotions comme les plus violentes jaillissent par les yeux, les larmes se fraient entre silence et musique, un chemin inédit où tout peut se dire, où tout demeure secret.
Reste cette source claire, pleurer c'est se déshabiller et se baigner d'un autre temps à la fontaine inépuisable.
Celle qui pleure, abondance, abandonne les masques et offre un visage perméable aux rêves,aux frissons, aux incertitudes d'être.
Pleurer c'est reconnaître et aimer en soi cette source mystérieuse et intarissable, l'amour ne sèche pas les larmes, il les incite, il les invite ,il les rend éclatantes,il n'apaise pas il exalte, il exulte. C'est ainsi que les parfaits amants comme les grands mystiques font éclater les barrières, les limites qu'on appelle raisonnables et se livrent sans orgueil à ce qui les dépasse.
Le courage et l'orgueil sont ici dans l'abandon de soi à ces vagues amères, mélancoliques et douces, à ces profondeurs, à ces remous intérieurs qui fomentent grande naissance. L'eau des larmes fait verdoyer les déserts, c'est un élixir de jouvence entièrement donné .Lorsqu'on ne pleure plus, les yeux restent secs, l'âge gagne et la mort fait craquer ses talons sur nos talons.
Les larmes font passage au temps, insaisissables, comme si la liberté ténue humaine avait à choisir entre laisser couler ses larmes et laisser s'écouler les ans.
Il n'est pas sûr que les sanglots soient à l'opposé des éclats de rire, ni que les larmes silencieuses disent le contraire du sourire radieux.
Nous sommes cet oscillement perpétuel, ce tremblement fervent dans l'avancée des jours, dans l'imprévisible de l'amour, dans l'improbable.
De pleurer comme on se lave
comme on bénit ou maudit
comme on se noie dans la clarté.
Les larmes sont un don.
Ces sources descellées feront sans nul doute refleurir nos déserts.
De toutes les créatures que le passant humain ignore ou méprise, s'élève ce murmure de l'eau, cette rosée vaporeuse, cet infini de la rivière.
Le langage très silencieux des larmes survivra à tout geste, tout vocable et sans doute les sauvera t il.
Il faut bénir ces déluges, ces moussons et chanter avec eux.
Les larmes échappent au concept, même le poète a un mal extrême à retenir sous sa paupière ces goutes d'invisible, tourment de l'artiste et de l'amoureuse.
Ce qui ne peut se garder est cela seul qui compte, ce qui ne peut se saisir s'avoue le bien le plus précieux.
Que pèse une larme, une nuit d'amour,
que pèse un sourire enchanté, un silence d'adoration.
Les larmes présagent la merveille.
Il y a la souffrance permise - quelle étrange expression - une fulgurance extrême qui déchire corps et coeur et se perd dans l'eau des yeux;
Il y a les amours ordinaires et ce qui dans l'amour ne revient pas, se laisse doucement sombrer dans les larmes sans retour.
Une façon délicate de signer un passage ou un acte.
En proie à une vérité plus forte que la mort,que l'âge ou la raison, les larmes aux yeux à force de percevoir un sens à la vie, ces larmes sont lumière en nous touchant.
L'enfant perdu qui pleure , pleure.
Il reste à se faire larme pour devenir océan,une grâce, une éternité d'océan
samedi 29 janvier 2011
Le tombeau blanc
l'écume une brisée puissant rire
l'ardoise de sable mourante au tombeau bleu
sous le rosier géant
les pieds crochus du baobab se mettent en marche
contrebasse
au tombant de la lune sur une pierre noire.
Étrange note, le do, le do du sommeil,
l'ut végétal perpendiculaire musicale,
creuset occipital , à chair bouche regard fleur de peau,
étrange ut du sommeil ,
l'eau moite du soleil une chute de sable
sur la paupière des feuilles,
dans le sablier blanc de l' île miraculeuse, une page ouverte,
des éponges de fleurs vertes dérivent
des oiseaux de blanc bombent le ciel
se mêlent à la gracile courbe du vent qui soulève
les pages de mon livre , une à une , des têtes,
des mains des pieds des jambes de mots s'envolent ,
plume à plume d'oiseaux, des ombres de sourires,
des masques de zéro , vent ,
des caravelles de virgules,
des fourmis noires, des araignées de plafond d'école,
des colonnes de sbires au nez pointu qui taillent
des crayons cassés dans la gorge des enfants,
des oursins piques noires embrochent
les paragraphes qui boitent et penchent
un pied de trop , un pied de moins sur nos dimanches tristes,
un pied de plus , un pied de nez, un pied de vigne,
des ventres de voyelles, des tentacules de consonnes
étouffent mes lèvres ,une langue de seiche,
un poulpe muette au pied du professeur trident.
Chute grave du do au coeur de l'ovale des dons ,
le dos du sommeil, étrange ut du vertige qui tangue
et butine sur le coutil du ciel ,
le dos de la main , la consonne,
la paume , la voyelle,
un ballet de brise,
toutes les têtes des mots ivres trébuchent de mon livre,
la grande efface de mots, la mer , le bateau,
et le rosier géant ont levé un rêve, un do,
au front du tombeau blanc,
une flamme cuivre noire magnifique
un silence blanc enseveli
.../
samedi 22 janvier 2011
dimanche 16 janvier 2011
Promenade
dense serrée de farine transpirant de bosquets de braise
où les cristaux de sel craquent sous la dent,
de loin elle paraît noire ,
en s'approchant dans les fumées d'herbiers
des rosées émeraudes sous-caudales pétillent
du vin vert de forêt au bec châtain,
le soleil ouvert , un large sourcil clair,
le ciel à la huppe fine , un trait dans l'oeil
les pattes rose foncé , les cuisses du sommeil ,
les rémiges encore bordées de nuit étirent leurs membranes,
sous les aisselles, des coquillières cotonnières
la laine de flandre au rouet près du feu ,
gorge du ciel orange dans le lattis des bois se penche
un lièvre à l'oreille s'élance sous le vol des seins blancs,
l'étrange continent d'un voyage
voyage entre terre et ciel
cet espace que l'on ne trouve que dans la plaine
et sur la lande mauve d'avant l'océan ,
deux continents qui se traversent à l'horizon immense,
qui s'épousent en précieux silence,
le continent de la haute marée,
le sentiment étrange que c'est le dernier et le premier,
la houle du soleil peu à peu lèche les premiers toits d'ardoise,
premières maisons les mâts aux gerbes d'oiseaux,
ce pays marche dans le ciel
nage sur la terre
ce pays dans l'heure
jeudi 13 janvier 2011
Ma tête sur un plateau.
les miens aussi idiots que les autres
par temps de pluie j'aime sentir sur les rues le soleil qui murmure,
une nuit d'amour ne pèse pas sur l'aube
et ces petits brins d'herbe sont d'un seul été .
J'aime ces parfums anciens d'un seul été
ces parfums anciens qui ont le goût ivre du vin nouveau.
Vous savez , entre nous ,
entre nous et la mort il n' y a que nos corps.
lundi 10 janvier 2011
dimanche 2 janvier 2011
samedi 27 novembre 2010
vendredi 26 novembre 2010
Bons baisers de Berline en voyage.
Au mois de novembre 2010, un préfet de police , porte-documents en mains , prit une mesure des plus insolites.
Il avait remarqué que de plus en plus les promeneurs s'embrassaient goulûment et longuement sur les trottoirs de sa belle capitale.
Or , deux promeneurs qui s'arrêtent pour s'embrasser occasionnent des " embouteillages " de piétons , et cela ralentit le déplacement de ceux qui sont pressés ou qui n'ont personne à embrasser.
Afin de remédier à cette grave entrave à la liberté de se hâter en ville, le préfet ordonne à ses agents de sévir en utilisant un chronomètre.
Si l'embrassade s'éternisait, ils avaient le devoir de verbaliser les contrevenants.
Il est cocasse d'imaginer la scène; le pandore , son chrono à la main, un oeil sur l'aiguille et l'autre dans l 'oeil de ses futurs victimes , prêt à intervenir pour mettre un terme à ces comportements délictueux.
Ce qui est dommage , c'est que nous ne savons pas de combien de temps les baisers disposaient avant de se faire coller un papillon.
Le 26 du même mois fut décrété , prosaïquement , " Deuxième journée d'industrialisation " .
Feu patate ; c'est ainsi le phrasé des casernes aux abois, l'ombre de plomb du jugement , l'ombre lourde dressée sur tout ce qui vit .
Libellés :
Pop corn
dimanche 14 novembre 2010
dimanche 7 novembre 2010
Fiançailles
Poésie, rien n'est promis
tout est donné
les fleurs débordent des cadres
c'est pour cela que les peintres les peignent dans les vases
et dans les vases
elles débordent encore du cadre
c'est pour cela
certains soirs
le ciel chargé de pluie intimement lié au soleil
une jacinthe odorante de lumière perce la ville
un chardon fleuri pique ses quinquets
une broche pour les yeux des passants
c'est pour cela , immobiles , nous attendons la pluie ,
nous attendons les fougères aux cils
le peintre et les fleurs
les chardons et les jacinthes
le ciel la pluie et le soleil
l'ombre et la lumière
attardés à notre table
les visiteurs de l'âme et de la chair,
l'ennui le bel ennui
à longueur de jour
le ciel pleure
tout est donné
les fleurs débordent des cadres
c'est pour cela que les peintres les peignent dans les vases
et dans les vases
elles débordent encore du cadre
c'est pour cela
certains soirs
le ciel chargé de pluie intimement lié au soleil
une jacinthe odorante de lumière perce la ville
un chardon fleuri pique ses quinquets
une broche pour les yeux des passants
c'est pour cela , immobiles , nous attendons la pluie ,
nous attendons les fougères aux cils
le peintre et les fleurs
les chardons et les jacinthes
le ciel la pluie et le soleil
l'ombre et la lumière
attardés à notre table
les visiteurs de l'âme et de la chair,
l'ennui le bel ennui
à longueur de jour
le ciel pleure
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