dimanche 8 novembre 2009

Trois francs six sous.

Cette nuit
j'ai dormi comme une bûche,
craque lin craque lune
ce matin
j'ai trouvé Grabuge
un casque sur la tête
chaussé de bottines violette
une armure de poils et de plumes,
le ciel nous est tombé sur la tête.
Il m'a offert un bouquet de roses
on a dansé dans les casseroles
on a dansé comme des fous
jusqu'à tomber comme des bûches,
c'est ce moment là que la voisine
croque lin craque lune
a choisi pour taper au plafond!
Chante et danse
les cocons de neige poussent
donne donne
la main pousse nue au pied des arbres
arrache les robes gansées de velours
les univers s'ouvrent et donnent la peau de l'ange
en suspens dans ta main nue,
décloue et désarme les hiboux aux portes des hommes,
les grands-ducs marchent à la nuit, becs de lune et de soleils
tendres plumes sur la houle de la vague
éboulis de corail.
Les yeux après les yeux
le bleu après le bleu
un espace dans le temps
une brèche à l'âme.

Roses blanches douces
pareilles à la laine
patientes scribes de septembre
éperons à tes talons de fauve
fleurs de muraille
courent libres sur les chemins
blond tendre de l'éveil
il parle, il chante,cogne aux portes,
nous sommes tant autant que seul au monde
effroi terrible
les yeux après les yeux
les yeux ouverts fermés
passante ivre et attentive,
souffle mystérieux
entre le don et l'aveu
l'abandon et le feu,
où je suis , où je vais , d'où je reviens,
quand les mots sont humains,
sur des fusées d'argent
terre terre , lune et continents ocres
océans en berceaux carmine
ventres paquebots légers de pluie et de blés,
dors aux aisselles des nuages
sous le passage des oiseaux d'or,
lune des nuits ailées
la montagne roule dans le vent la laine drue de nos baisers,
grand chariot du fleuve
chaque rive
la roue du paon,
un secret de sable
au fond du coquillage
à la pénombre violette,
muette et sage,
te glisser, éveillé sous mon corsage,
le soleil éclabousse, cité sous les eaux,
la barque s'est glissée,
les pierres vivent tressées d'eaux et d'oiseaux,
la nuit craque sous les pieds
des coupes de vins lourds
des îles chuchotant de bouches méandres
tout s'entend au pied du cerisier
des bancs d'églantiers s'animent et appareillent,
fleuve d'ambre , fleurs de tourelles,
océan aux portes de la nuit une gorge rouge et tendre,
sur la pierre du mur
torches d'arbres aux boucles de souliers.
Silence dans la maison
silence dans la chambre
portes et seuils d'herbe
respiration du coeur sous les porches tiédis
le crépuscule rose
s'égoutte dans l'alcôve,
des yeux après les yeux
du bleu après le bleu.
Nous avons ce temps infini pour aimer
et ce si peu pour trahir
ce peu dont tu dois te contenter
ce rien ou ce tout dont tu me parles Grabuge
ces mots verroterie dont je dois me contenter somme toute,
ces mondes qui dansent autour d'un feu noir de jais
une aile d'espace où la lumière coule toute certitude en larmes

les mots trahissent et foudroient
ils peinent et traquent l'oiseau
entraînent les univers en cortèges d'abîmes
ils chantent têtes nues dans l'échancrure de nos poitrines
ils s'étendent sous la nue au chaud
un manteau d'hiver aux braises inconnues
pluie claire de doigts ouverts

de la chair et de l'âme sur chaque pierre.

samedi 7 novembre 2009

Bel automne rousse
panache de lumière de ces trouées d'arbre
le moindre détail une source entre les branches
ces bras s'ouvrent, ouies de neige,orbes de rivières,
la belle automne de ces doigts d'ouches
avant que la neige l'endorme capiteuse souche
un jardin léger de sommeil
nulle épingle n'accroche
la lumière coule
fleuve de lits défaits
renversés par les hanches
attenantes si proches
auprès des couches d'automne
bercent l'eau comme le feu.
Nous sommes enlacées et nous pleurons
nos visages se ploient et s'unissent
suis je vivante ou morte
peu importe
peu importe
par dessus et en dessous des arbres
au dedans la chair de lumière vagit
par dessus les forêts
la vie bruit de chant liquide
l'amphore pleine de sang.

Bel automne rousse
la belle automne de ces doigts d'ouches
ce qui vient de bouches et d'ongles
grattent la terre
fracas des rêves levés
ce qui vient
ce qui écrit est insuffisant
rires et larmes étrangement amour.

Propane, butane et bidon d'essence.

Enfantillage enfantillage
où es-tu foufouille
je t'entends respirer dans le couloir
aveugle aveugle de naissance
je t'entends pleurer dans le couloir
où es-tu foufouille
tu retiens ton souffle
j'entends tes jambes et tes pieds danser sur le boulevard.
Un petit pâté d'alouette
juste une miette et en route,
en voiture Grabuge.
Il tape sur les murs du couloir
et il entend battre ton coeur
aveugle de naissance
foufouille je te vois
fouillis fouillis dans ton coeur
toute petite je longe le mur
il entend battre mon coeur.
Le jour du souffle retenu
il entend battre mon coeur
cogner le long de sa canne sur le mur
il marche la nuit.
Longères d'étoiles
pirogues de larmes
immense champ de pierres
éboulée dans la vague
fragile demeure
l'argile dans l'âme s'affaisse dans la nuit
houle sensible
le chat blanc nage
silice délicate
une ombre au sourire
une bouche fendue de roses
longères illisibles d'étoiles
pirogues de larmes
en navire Grabuge!
L'aube renverse le coeur
soleils percutées de lunes
pirogues de larmes
labour champ d'herbes à têtes folles
fragile demeure où je pleure.

jeudi 5 novembre 2009







Cerceau de mains autour du ventre de l'arbre
la berlue de grabuge
flocons de pivoines dansent entre les lignes blanches de l'aube
des partitions divisibles d'ébène chaude
et l'âme visible au secret d'un trait mouvant de fusain
les demoiselles bleues crissent leurs peaux
sur l'échine de l'océan fauve
leurs pieds fins pollens
mimosas feux follets
où mes yeux voient l'univers en cortège.

dimanche 1 novembre 2009

Grabuge à son siamois,à son jumeau E. C.... Lettre numéro 1 Chapitre 1 ,il n'y a guère que Grabuge qui comprendra, je le crains, pas Grabuge ni son siamois , dos à dos je ferais ce que je pourrais , s'entend bien. Cette fois, je le crains, toujours pas Grabuge et son siamois , apparaissant comme absolument incompréhensible. Je dois être somnambule.


Cher chat siamois,beau conte d'automne, par les plus doux noms qui soient donnés d'entre les hommes.

Si vous me permettez ce petit aparté , fine mouche , votre éditeur est un grand sage, il y a assez de mouches pour ne pas en rajouter , point trop n'en faut, et la claquette à mouches n'étant pas loin , redoutant votre courroux , point trop n'en faut, il vous propose en dormant dans son placard à papier du pâté d'alouette , une terrine de tête de veau , un peu de tripailles saupoudrées très à propos d'une légèreté de paprika.
Bien à vous, blablabla . Grabuge premier le bien-aimé .

La chaussure jaune.

Grabuge dort dans le placard
la pluie berlificote
drache drache drache menue
sur l'oreiller infusent les marquises
pluie merveilleuse catastrophe
dans la lointaine province de Flandres
par le plus doux des contes d'automne
un unijambiste a volé une chaussure
pluie pluie merveilleuse catastrophe
Fourrures et chair valent mieux qu'âmes errantes !

Il faudrait illustrer ce dicton juste inventé, tu ne crois pas ?

Musique !

Pour Paul / Musique Maestro et chapeau bas !
Et nous tairons tous ces hivers
oiseaux patients aux pieds des braises
et rouge sang des gorges fières
et ciel doux des lilas bleus.

Et nous prendrons tous ces mystères
corolles fleurs aux mains perdues
nous nous envoyons en l'air
avec Louise au pas menu.

S'ils rient bien fort
nous en serons toujours heureux
sur une feuille passementière
tous ces beaux tissus de baisers.

Sur le fleuve baignent les aiguières
au col de tourbes fraîches encrières
têtes penchées sur le courant
et sur nos doigts le givre d'eau et de feu.
Regarde bien
je renverse la tasse à café,
de café, pour le café, du café,
la nappe blanche est toute tachée.

Mais qui que quoi donc où,
choux hiboux genoux bijoux
la boîte à joujou.

My funny Valentine








Le temps des cerises







Alors Grabuge, qu'as-tu fait ces derniers temps
ces temps derniers ?

- Oh que de vilaines choses
j'ai dévoré deux ou trois enfants
j'ai foutu le feu à la grange
avec un bidon d'essence
j'ai insulté son homme Dieu le Père et la vierge Marie,
et le petit Jésus , il va bien rassurons-nous , il fait des pâtés de sable
avec sa nounou noire, très chic ,très câlin et chatouillis,l'euro métropole à coups de pelle sans doute.
Le " fameux "pourquoi donner plus quand on peut donner moins.
j'ai coupé la corde pour me pendre
j'ai secoué les branches tous les oiseaux sont partis en riant,
belle allure,
et puis après ,
et bien après après l'amour avant avant toujours jamais
après après l'amour , rien, j'encule les mouches -

Rien de bien nouveau alors,
non, que du vieux , que du vieux rassis.

Douces pensées bien profondément à vous cher tous.
Grabuge et Violette partie partie.
Au cintre le diable
et aux cieux les anges.
Le temps de la cérémonie et je ferme la boîte,
la plage aux mouches,
ce que c'est qu'une crise d'épilepsie,
tiens ça y est je me mords la langue !
Allons en enfer, mais attention joyeusement la larme à l'oeil..

Alors la taupe , ça vient ?

samedi 31 octobre 2009

Serge Gainsbourg

Une hache d'acier
sectionne la colonne vertébrale de l'arbre,
sa tête roule en premier sur le sol
toute la plaine résonne encore de son souffle
s'abattant sur le ciel,
son coeur bat à peine
un roulis de torches de feu sur la vague
se noie aux ténèbres de fer, veuve du néant la hache glapit,
le brin du nid d'oiseau tournoie dans les ailes du vent.

Sur la forêt d'ébène
les corbeaux accrochèrent des lanternes.
Grabuge dort
son ventre sent le tilleul et la châtaigne.
de sa gueule rose sort une musaraigne,
il étire ses pattes de tigre
et il sourit dans son sommeil.

La vieille tour sonne
et sur la mer bruine la lune,
des échos de voiles traînent sur le ciel
le vent claque le port.

Les oiseaux ducs égouttent leurs ailes dans la gouttière,
sur la tuile rousse le goût de la lumière
mâche les encriers de nuit sillonnés de graphes épeires
tissant des cocons renversés de neige.
Grabuge rêve et il sourit.

vendredi 30 octobre 2009

Un craquement de hanche
une tête qui penche,
et l'enclume sous l'oreille voit les branches de palmes
papyrus d'oiseaux encapés d'écume
fleur de diaphragme, roseaux de prunelles,
d'îles en iris d'air, caps enturbannés de ciel,
sur l'aube verte les rivières divaguent de neige tiède
une nouvelle phrase d'eau et c'est la nuit courante
aux pieds nus sur la chaux.

jeudi 29 octobre 2009

Les yeux, les yeux,
de la folie douce
des trous d'eaux
de l'espace où les sables blonds en avalanche
soulèvent les paupières
apparaissent les belles cités
des lenteurs patientes
où j'entends le chant léger des blés,
les mains de dune bruire sur les cils du fleuve,
les nuées de neige sur une tête rouge de fleur
les collines sonnent topazes aux pieds d'automne,
des langues de chat pour le creux des nocturnes
la boucle du fleuve aux cernes d'or vers l'aube dépulpe ses lèvres
tous les chats sont verts
et les chatons en boule
dans les bouteilles moites des tilleuls
infusent dodelinant dans des liqueurs d'anis.
Les fleurs félines abondent des arbres, épis de lune,
lampe à huile, brûle-parfum, cocon d'épeire,
et la terre retournée sous les griffes calmes érectiles
s'ouvre pelotes de bouches
des tanins de mots s'évasent
sur le col des oiseaux femmes.

lundi 26 octobre 2009

Goran Bregovic




Rachmaninov / Vocalise /






dimanche 25 octobre 2009

Antonio Vivaldi / Sonate della camera / Concerto cello





Désordres d'amour.

Pourquoi l'aube et le crépuscule
pourquoi l'alma et la chair
le fleuve la pierre l'eau ?
Pourquoi ces éclats de voix semés au vent, portés en terre.


-Voyons voir
mettons de l'ordre dans ces infinis désordres d'amour
encalculons le chant et naissons une fois pour toute.-


Tu vas mourir
et ceux là sont morts et mourront aussi bientôt
château borgne d'exil,
la pierre est à l'eau
le monde des arbres et des forêts
la neige manteau chaud d'espace
les grandes pierres bosselées de chair sous les bosquets de chênes nains,
les coupoles d'oiseaux aux yeux d'or
les hiboux veillent
les violettes nagent dans les bassines de cuivre au pied des montagnes bleues
désordres infinis d'amour
le fleuve pagine l'eau
j'appelle le matin et l'aube vient vive de soleil et de lune
un premier jour .
L'instant ne passe pas,
il surgit, jaillit et déferle de la haute mer.

samedi 24 octobre 2009

Une citation de HANNAH ARENDT

" Le cœur est un organe étrange ; c’est seulement lorsqu’il est brisé qu’il bat à son propre rythme : lorsqu’il n’est pas brisé, il se pétrifie."

Pour Paul.

mardi 20 octobre 2009

Dieu , que certaines femmes sont laides.

Effacez mon passage
d'une branche de lilas fleurissant,
sur la pointe d'une fourchette à rire,
d'une course d'enfants essoufflés
qui gravissent les collines pour les peupler
à leurs cimes , à leurs pieds.
Montez des cabanes
jusqu'au vent clair et doux des églantines,
pardessus les montagnes
pardessus les fossés
soyez le bois du coeur
et la flamme à l'âme
sans peur , ni renoncement, aux oubliés en paix.


N'écoutez plus
n'écoutez pas ce que l'on vous dira
du pieu qui vous est réservé,
n'entendez pas cette "elle" monde qui vous aime bien vrai, rictus , techniciennes en jupon noir,sarcasmes, émerveillement de cape, pantomime, violence, rancoeur,
rien ne vous sera épargné,
elles savent toujours mieux que vous ce qui vous anime,
elles battent à mort le chat à mauvais coups de balai,
techniciennes de surfaces.


Aimer
aimer
au pied des arbres



Reconnaître celles qui surgissent,
sans doute
n'étais je pas faite de cette étoffe là,
sans doute là où il ne faut pas aller je me suis prise,
comme un insecte dans le ciel et sous la terre de brume,
un grain de sel qui ne s'est pas dilué dans la mer,
un coin de bois forcé dans l'articulation de la voix,
un éclat fiché dans l'embrasure du coeur.
Une essence que je cherche à la terre ,
l'essentiel ou le détail d'une joie et d'une peine,
sans doute n'étais je pas faite de cet atour d'amour, cet émerveillement de circonstances bêlantes vulgaires, rictus, intermittentes explicatives, cadran sec, trou sec,moraleuse moraleuse,moralante, impuissantes mal étreintes,
bouches craquées de colère, vieilles puantes rampantes sur mon abdomen, toutes ces obscènes cliquetantes, clique, clique , section d'institut du vrai, du bon, de l'intelligent tout bien pensé raisonnable et sauveur .Chacune d'entre elles vêt l'atour qui convient, vrai, bon, semblant, les petites oreilles de la bêtise.


A mon sens tout entier de terre ont jailli des rivières, tout autour
à mes chevilles ont poussé des forêts,
des racines, des têtes d'herbes râpeuses langues de chat, des becs et des cailloux d'enfant,
des éblouissements qui touchent la tête douloureuse,
vers l'ombre ou la lumière la source baisse la tête,
et je la lève force et faiblesse, la bouche dans la fièvre et le recueillement,
n'est ce pas là où l'on faillit toujours.
Un instant de sable où murmurent
des fleurs de désert
ouvertes à mes mains en prières,
un frôlement de poussière chaude disparue.
Mais ces fleurs du désert , mais celui-ci,
celui ci , un frissonnement de forêt
que l'on ne peut saisir inspire expire.
Dans les environs un enclos où l'on assassine,
dresse les potences en faisant la ronde,
dans les presque de la nuit et du jour,le long de chaque rue, une essence divine
que l'on inspire et expire et qui déchire l'air autour.
J'ai vu jaillir l'éclat de la pluie et de la pierre
dans la nuit aperçue de mes yeux imprécis,
je rugis de leur opportunité concise et brève d'un bon mot,je rugis des cracheuses de gluau.
Les mains de mon hiver
retournent la terre et mettent une part de la pierre en terre, en eau,en arbres, en chair, en âme,en esprit, en mémoire, en avenir en présent.
L'atour est leurs chaînes de bons mots au bon moment.
j'ai vu forcir la pierre,
un reclus à l'enclos,
un reclus à l'abri, un cercle de plus à vos yeux
que j'oublie.
Que vais je faire de ma vie, toujours étrangère,
à ce monde étranger, ce méchant monde qui fait la ronde,
qui fait la ronde,qui fait la ronde.

Mettre un poète en examen
c'est le suspecter d'être un Homme
c'est la plus grande des contributions
qu'on puisse apporter à la poésie
l'eau est une transition entre ma vie et ma mort
l'eau m'a appris à ne rien posséder
un mouvement hors de toute compétence
et si un mot surgit d'où qu'il vienne
je le mange car il nourrit, je le taille, je le crache, je le caresse,
je le transperce, je l'aime et le hais,
il donne des forces pour l'errance d'une recherche,
je ne connais pas la première lettre du premier mot
ni celui de la première lettre du mot de la fin
un tout où je m'empare d'un rien
un rien dont je m'empare pour chercher plus loin
l'eau en avance toujours ,j'étais, mais toujours je suis,
et encore plus loin je serais de l'eau, de l'herbe pour les troupeaux nomades,
je cours derrière devant et elle ....Elle joue menant la vie au coteau,
elle file et nous laisse la musique, l'origine du mot.

Toi grand -père qui fut plus mort tant de temps que la mort elle même n'était plus disponible,tu devins plus vivant que la vie elle même qui n'était plus disponible.
Nous allons la nuit écouter les sirènes des dunes , à l'ourlet de la jupe noire de la mer sicilienne poser les pierres qui chantent et revenons ravis et silencieux sur le chemin gravi dans le sable et le vent.
Nous n'avons jamais grandi et nos linceuls seront petits,
nous dormirons dans les dés à coudre au bout du doigt de la mer des sirènes.
Je passe le temps bien méchamment à détruire les cités et les reconstruire dans l'écaille d'un poisson, sur le grabuge d'un chat , dans la profession de l'homme à l'épaule bien dure, obstinément granit dans le discours et la preuve, les capitaineries sont devenues des branleuses d'idées.
Je passe le temps gravi dans l'arbre et le sable, j'ouvre le ventre des pierres pour écouter le chant.

Aimer aimer
au pied des arbres.

La Kora . Ballake Sissoko , Toumani Diabate.






dimanche 18 octobre 2009

Réédition de l'été en automne. Conte de soleil.

Il y avait bien longtemps que je n'avais pas ouvert les yeux
le regard est lent patient sans aspérités,
l'arbre est suspendu entre terre et ciel
son souffle échappé du bois se balance, une fille dénudée,
il tranche l'espace d'os de jais, un lapidaire matinal
martelant la paume de son visage laisse apparaître
les chats de sinople la gueule ouverte déchiquetant les chromes de soleil.
L'oeil fuit sur la coursive d'un tonnerre subit
la guêpe aux seins bouleversés de mimosas
traverse l'horizon et vrombit de cuivre et d'acier.
La grande maison dort sur ses cailloux d'ombre
les cercles de ses yeux incolores
ouvrent les sons invisibles.
Des écharpes tièdes de céladon baignent
le mur de pierre où ballent les filets d'eaux.

samedi 17 octobre 2009

Migrateur

les grands coursiers des mers
se glissent sous la coque
le bois se soulève et tangue
et louvoie sur les flots
le vent n'est qu'un leurre
le chanvre tend ses serpents aveugles
jour et nuit se succèdent
la nuit ouvre ses pores
un havre de grâce et de paix
nous dormons à peine
le souffle léger une futaie recueillie d'étoiles
nous sommes partis chalands fragiles le long du fleuve
nous revenons l'aube de roses franchie
de belles portes d'océan
des orbes bruissantes
des contusions de lune et de soleil
patients et inquiets de lumière
nous savions que nous n'écrivions plus
le chanvre chante
la coque boit le bleu
le ciel un zèbre au repos sur son voile de calcite
l'encolure est aussi vaste que nos bras déployés
qui suivent nos mains nos doigts,
tout cela s'impose à nous
tenace souffle
abandon de l'alphabet de la peur
nous revenons vivant
vêtus de chair et d'esprit
cette étrangeté du monde.
Nous avons vu ces trous noirs mouvants
Grabuge est silencieux
comme au premier jour
ce sont les pieds des hommes
leurs empreintes sont restées dans la terre
leurs trous de mort
ils ont tissé de grands draps noirs
mais le noir chante grabuge
le noir chante aussi
toute le magnifique somme des couleurs.

Miles Davis / Ascenseur pour l'échafaud /

vendredi 16 octobre 2009

Erik satie







jeudi 15 octobre 2009

Claude Debussy . / L' Isle Joyeuse /

Hiver

L'eau vertébrale
îles d'érable
forêts cathédrales
échassiers d'argent
floches tombantes de pivoines animales
les arbres parlent.

Omara Portuondo et Ibrahim Ferrer.

Compay Segundo

mercredi 14 octobre 2009

Grand-mère et les petits soleils d'hiver.

















Grand-mère debout devant l'évier,
le lait boursoufle dans la casserole
la fenêtre est entrouverte et déjà la rue bruisse d'un petit soleil,
- Où est le chat grand-mère ? -
-Il n'y a pas de chat, retourne dans ta chambre, tu reviendras quand tu auras dit bonjour-

Le lilas monte au mur
un poisson rouge aux ailes de méduse blanche
les pommiers en espaliers sur la toile de lit,le chat se pourlèche sur l'oreiller,
dans l'armoire derrière les portes aux énormes fleurs lie de vin
la mer tonnelle ombragée, tarare de sable , fléau d'oiseaux,
- Pourquoi dans ton tablier ces grands mouchoirs , des nez trempés de brume ? -
- Retourne dans ta chambre, le lait cloque de peaux brunes, tu reviendras quand tu diras bonjour-

- Pourquoi Violette grand-mère ?- Pourquoi m'appelles-tu Violette sans cesse? -
-Retourne dans ta chambre , regarde le lait est passé par- dessus! -
-J'y retourne grand-mère , j'y retourne -

mardi 13 octobre 2009

Un instant de Vivant




Je suis l'eau
et je prends tes yeux
au fond de la rivière
sur une pierre

Je suis le burin
et je taille tes peines
à petits coups marteau patient
sur le dos de tes mains

Je suis l'herbe
et je mêle ton chant
ondulant à mon galop courbe
à travers la plaine, âmes flancs des étamines

Je suis le temps
qui frappe ta poitrine
étrange instant des réveils
où le mur tremble
où les objets s'animent de lumière
où le chat sorgue assis sur le toit
de borgnon qu'il est, étire deux paupières, liquides pers
et conciliabule avec la cité au soleil, des géants allongés là,
mains de glaise et de marbre où chantent les lierres,
mystérieux instant où le point s'ouvre
et délie le soleil et la lune en ficelles nègres
peignes d'ivoire aux gibernes de clavecin
beauté et effroi des réveils où je me ploie sur ces cordes de vie,
la Seine une empoignade de tourbe,le pont a bougé,
les cygnes nagent tout autour de nos chevilles
l'océan qui baigne ma tête.
Allez Grabuge
réveillons- nous c'est l'aube , hâtons- nous,
ils voulaient quelques noyaux de cerises à cracher
nous leur avons donné ce qu'ils aiment tant.

lundi 12 octobre 2009

La baie où nous dormons
au delà l'océan.
De quoi vivez vous?
Oh de peu, je travaille dans l'eau.
Et le reste de temps
oh des accès de rage !
La baie où nous poussons sur ma langue
au delà l'océan.
Je suis une récidiviste
vous connaissez la loi.
Ah le petit roman Grabuge que voilà.

La baie où nous dormons
éblouissante entre nos doigts
murmurent les violettes à claire-voix.
Une grande eau dormante
où mes yeux
tête folle
cassent les statues pour y poser une tête de cheval,
n'est-ce que cela qui me fit parcourir les champs immenses de la terre,
n'est-ce que l'amour
pourquoi tant de bruit pour une bagatelle
un colibri dans la gorge d'Ella
n'est-ce que cela
n'est-ce que cela.
Vérifions les pendules
il est l'heure de dormir
pas plus.


Autrefois, j'écrivais des poèmes,
une nuit j'ai tellement pleuré dessus
que la mer les a emportés dans son châlit.
La pauvreté m'a donné des chaussures
pour un curieux bout du monde.
L'amour est difficile
il a en lui le début et la fin,
la pauvreté m'a donné la mort
et moi je vis.
L'enfant n'a pas peur du noir , la nuit est transparente,
l'enfant n'a pas peur du noir
la nuit est transparente,
la rue monte sur les effluves du fleuve,
bosquets bruissant des squares,des désordres de chats hérissés de lune,
les chaises se taisent et s'appuient aux épaules des murs de brume,
les trolls de pierre d'ombre enjambent le fleuve d'huile
des ponts de cuisses joufflues et des rires de menton,
les porches chauves souris d'or
où se balancent les grues métalliques des becs,
ces sillons de chair qui délivrent les parfums frais d'océan,
les pas du vent des oliviers venant au sud
les cieux bas gorgés de gouache tourbillonnante venant au nord
le souffle de la terre encercle la ville
descend sur les charmilles de pierre enchevêtrées de fleurs térébenthines,
les chevaux dans le ventre des guitares
aux sabots des roues filantes de cordes d'eaux ruisselante de vie,
les lavandières de la nuit chantent les corps noirs transparents .


Gros con
tête de cul
et puis d'autres mots bien sentis, bien charnus,
bien mâchés entre les dents, serrés dans la main,
c'est ce que l'on dit au diable
quand on croit que c'est lui!
Quand on croit que c'est lui
alors on se déchaîne,
on lui tord les veines,
on le met sur la place tout en haut du clocher, au soleil,
à le montrer du doigt, à lui ronger les griffes,
à lui botter le cul dans le plus grand secret, bouffonnerie
puisqu'il n'existe pas, à lui rogner le poing quand il s'abat,
un os de chien à lécher pour les bonnes âmes
puisqu'aux hommes en leurs foyers, enfoui
il demeure invisible, on s'alarme
pourvoyeur de braises,on souffle pour le voir enfin
pense t on disparaître, apparaître,
qu'on le trouve enfin et fasse justice et pénitence,
qu'on le trouve grelin grelin!On sonne au malin,
on sonne le tocsin, on sonne l'alarme.
Mauvais vent, un souffle court sur une étincelle de haine,
même la flamme brûlant à l'âtre nous jetons le manteau
sur le foyer pour nous oublier,
même goût de fer et de feu sur la langue,
coulées de suie, pleurs et mâchoires de cendres
sur les seuils balayés, c'est ce que l'on tient pour dire,
compère, tête de cul, balais pardessus tête de cul,
je te chasse par le soupirail,
je me ménage une absence pour ta venue à mon repas,
je me grince au soleil,
un geste innocenté, une excuse abondante et repue,
pelures d'oignon,
c'est ce que l'on dit........
On brode des fleurs
le coeur léger, on leur fait prendre l'air,
la rivière étincelle, les fleurs ont des airs ,
les enfants dans le ventre de leur mère chantent,
la pervenche lavande du ciel s'endort sous l'arbre centenaire.
A la première foulée hésitante patience du soir gris
les portes se ferment, closes , des trous noirs aveugles,
et la nuit à gueule de loup nous assaille, nous encercle,
nous inquiète, la peur nous remplit de grimaces
elle rampe sous les seuils et,
brodant des fruits de bouche sur nos épaules,
nous berçant de chaleur , peaux contre peaux,
tressaillant dans nos gorges et nos têtes
nous croyons de l'ombre qui gémit à nos tempes
que c'est encore lui qui pèse sur nos songes,
nous oblige au silence d'un mur où sèche le sang d'un maraud,
nous ouvre le bec pour trahir
et laisse le couteau trancher la gorge des agneaux,
encore lui, encore lui,
nous étions à nos lits, , abrutis de fatigue,
tressaillant à chaque pas des hommes gris,
nous étions endormis dans leurs têtes , cette nuit.
Au diable, au diable dans un cri,
c'est ce que l'on dit au cauchemar
venu sur la place au soleil monter l'échafaud,
tête de cul et pelure d'oignons,
c'est ce que l'on dit d'oreille à oreille, sans bruit.
La peur nous remplit, vide
comme un puits sans fond.
Nous pleurons ventres affamés
la peur s'épanouit
en pelures d'oignon.
Nous voulions tellement, tous ensemble que ce soit lui.
Au delà , nous n'avons plus de nom.
Il ne faudrait pas que madame prenne froid,
on dirait bien qu'elle puisse faire office de femme de chambre
nous avons le respect de soi, nous, Madame de contes à dormir debout.

Il est l'heure de dormir
pas plus.
Je n'ai pas peur du noir
la nuit est transparente,
vois où nous dormons
sous la coupole les violettes murmurent.

Le chat qui pue .





Grabuge à son siamois,à son jumeau E. C.... Lettre numéro 1 Chapitre 0 ,il n'y a guère que Grabuge qui comprendra, je le crains, pas Grabuge ni son siamois , dos à dos je ferais ce que je pourrais , s'entend bien. Cette fois, je le crains, toujours pas Grabuge et son siamois , apparaissant comme absolument incompréhensible. Je dois être somnambule.


Cher chat siamois,beau conte d'automne, par les plus doux noms qui soient donnés d'entre les hommes.

D'ores et déjà ( Vous avez bien noté j'espère le" d'ores", chic non?
Laissons cela ! c'est beau oui? Notez le :" laissons cela " Non? Tant pis pour moi, pas pour vous , bien sûr, s'entend bien.
J'ai tellement honte que je respecte votre anonymat et votre sérénité naturelle au coeur de votre vallon calme, si paisible, ainsi donc donc donc je tais votre identité avec une perversité extrême.. me permettez -vous de déclarer tout de go , moins bien : le" tout de go", que je vous envie ce vallon à l'extrême de ma perfidie.
Je suis heureuse que vos droits d'auteur vous aient permis enfin, d'acquérir cette belle petite balle de ping-pong "jaune".
Je délire, une fois de plus, nous avons mille occasions de parler pour ne rien dire et c'est divin! Je vous l'assure.
Comment verriez-vous la corde pour me pendre? Un chat étranglé suspendu à votre câble électrique de lampe de chevet? Non c'est ignoble, à chaque fois cette immonde bête puante empesterait votre sommeil , d'ailleurs ce chat merdeux (un gros mot!) ne pourrait prétendre qu'à un coup de pointu dans son sombre néant. Cette éventualité étant d'ailleurs grande vanité , botter le cul d'un chat , vous n'y pensez-pas!
Pourquoi " jaune " ? Les éléphants sont gris? Vous avez raison cher siamois , on n'a rien inventé depuis, vous me voyez ravie de ne pas faire parti de ceux-là.
Bla bla bla, soyez assuré de toute ma considération ,et pardonnez ce pipi de chat sur le pas de votre porte.
Croyez également à la grande considération que je porte et porterais éternellement à ce grand homme "Pasteur" qui changea le monde en créant le vaccin antirabique.



Le nouvel arrêté relatif aux conditions et modalités de la vaccination antirabique des animaux domestiques vient de paraître au journal officiel du 07 août 2007.

Ce nouvel arrêté change la donne en matière de formalités, voici un résumé concernant les chiens et les chats (enragés)


Ce qui change immédiatement:
Art. 6. − Le certificat de primo-vaccination antirabique des animaux domestiques n’est considéré comme valable qu’à partir de vingt et un jours après la fin du protocole de vaccination prescrit par le fabricant. (NDLA et non plus 1 mois...)

Ce qui changera au 1er janvier 2008:
Art. 7. − [...] le certificat de primo-vaccination antirabique et le certificat de vaccination antirabique de rappel des carnivores domestiques sont remplacés par des étiquettes autocollantes [...] apposées dans le cadre gauche de la rubrique IV intitulée « vaccination antirabique » du passeport.

[...] Les dates de début et de la fin de la validité du vaccin sont reportées sur ces étiquettes par le vétérinaire qui a procédé à la vaccination.
[...] En outre, le vétérinaire doit, pour chaque vaccination antirabique réalisée, mentionner dans un registre les informations suivantes :
– le numéro de l’étiquette ;
– la date de délivrance de l’étiquette ;
– le nom et les coordonnées du propriétaire de l’animal ;
– le nom de l’espèce concernée ;
– le numéro d’identification de l’animal ;
– les informations mentionnées sur l’étiquette ;
– le nom du vétérinaire qui a réalisé la vaccination.
Ce registre peut se présenter sous forme papier ou informatisée. Les informations relatives à l’attestation de la vaccination antirabique mentionnées dans le registre doivent être conservées pendant une durée de un an.
De quoi donner du boulot aux éditeurs de logiciels, aux fabriquants de vaccins et surtout aux confrères non informatisés!!!!

Pourquoi " jaune " ?
Incompréhensible, tant mieux, je me pique....! Une crise de somnambulisme encore !

dimanche 11 octobre 2009

Ella Fitzgerald , air mail special . Nikki Yanofsky, air mail special.




Ella !




Nikki ! Pourvu que le show biz ne l'abîme pas trop , oui pourvu que..

Aucun autre commentaire ne peut être fait à leur adresse,il faut s'envoler avec en aimant très fort.

Le régime Bouiner.

Les bécasses.


A une heure bien précise
et dès lors que tu t'y trouves
je préconise,
de ne point bouger d'un pouce
ni ta course ni ta bouche
et tu pourras voir
les bécasses passer, jacasser,
se congratuler, s'embrasser
et se fondre dans une singulière unicité,
il ne faudra point bouger,
n'éternues pas,
ne parles pas,
femelles ou mâles tendrement enlacés,
tu pourras voir toute la bande passer.
Ce sont des moments merveilleux
où l'on sent qu'il faut se taire un peu.

je bouine
tu bouines
il / elle bouine
nous bouinons
vous bouinez
ils / elles bouinent.


Traficoter
Bécasser
Jojober
Parlurer
Quadriller
Vaquer
Pétoncler
Erroriser


Bouiner bouiner ça marche bien aussi,
aussi les mouettes, les buses,
les ombilics notoirement allégés de leur matière grasse
avec le terme cutter délicatement tranché de " boudinette " enrichie de matière grise.

samedi 10 octobre 2009

Madeleine Peyroux

vendredi 9 octobre 2009

Ayub Ogaba / Obiero

jeudi 8 octobre 2009

Lettre.

C'est un langage que je comprends, les villes qui se détruisent et se reconstruisent, un matin, un soir et le monde n'est plus jamais pareil. On pense tout d'abord que ces mondes nous séparent de l'humanité et puis chemin faisant, on sent qu'ils nous approchent du monde aussi près possible des arbres, ces beaux lignages. Oui plus qu'un langage. Belle journée Paul.

mercredi 7 octobre 2009




Un marais paresseux
où les mots naissent en mer des sargasses
aux flancs des montagnes
aux avalanches de sable
aux pieds des hommes libres
anguilles argentées sous la barque plate,
marais de tignasse drue d'érectiles oiseaux.
Les soleils de chanvre filent un à un
au dessus des boucles de la rive.
Droit comme un I , Franchesco joues d'aube
d'une pâleur diaphane, ses paupières dessillés
par le chant, fin réseau de chair irrigué par les canaux pers,
nos mains , comme flocons de vin abordent un vitrail,
hâves poitrines ouvertes, un téton rougit le ciel,
sérail de bercements, caravanes patientes
quand la montagne lente avance et déhanche ses collines
aux vallées d'océan, battement de terre assolé de perliers,
l'un et l'autre au soleil neuf,
comme un flocon de neige abonde au vitrail fragile .
Au bras du fleuve
nichent les oiseaux bocages au ventre des arbres ployés,
mon oeil s'allonge comme une jonque
déborde de son lit
mon oreille pousse dans le mitan du fleuve
un oeil oblong
une oreille coursive sur la mer chantante aux mille pieds de neige
chaos de paradis

Ravel "jeux d'eau" , "les oiseaux tristes"










Vlado Perlemuter , grand interprète de Maurice Ravel.

Gabriel Faure "Pavane" Claude Monet

lundi 5 octobre 2009

Keith Jarrett

dimanche 4 octobre 2009

Nous perdons le temps doucement,le tien , le mien , le nôtre,
le nôtre lentement , cette essence indéterminée et vitale
peignes d'ivoire d'enfant sur la mer du nord
elle nous plonge dans ses joues
elle nous prend sur ses genoux
et ses boucles d'écume éclatent de joie.


Elle nous dit qu'il faut s'armer contre les profondeurs de terreur,
déjà, déjà ?


Nous perdons le temps doucement
le nôtre lentement.
Peignes d'eau d'enfant, les roses fondent dans la mer.


Qu'as-tu à me dire de si important?
Le piano, le violon, la note tenue ,
tout cela, violoncelle, musique, gouache, térébenthine,
l'ombre et la lumière
le jardin et tous les autres lieux,
l'amour la nuit le jour et les veillées,femmes hommes et enfants, pieds nus en haillons, princes de sang,
tout cela? tous ceux là et tous les autres?


Il faut s'armer contre la terreur ou fuir aussi loin que tu pourras.
Même ta terre même les autres terres
elle ne fera aucun quartier, pas de quartier pour la terreur,
elle se nourrit des vivants
jusqu'à ce que mort s'ensuive.
Sache que la terreur n'a pas le sens de l'humour, de l'amour et qu'elle déforme tout.
- j'apporte les peaux de ces chevreaux, suis -moi ! - Et la terreur crie justice, décrète, dépèce l'indéterminée, l'âme.
Grabuge danse sur mon épaule, les arbres et les ambres fleurissent , on ne peut terrifier l'indéterminable ainsi la terreur se nourrit de nous si nous n'y prenons garde.
Ne me parlez ni du diable, ni des anges,
au cintre le diable! Au cintre les anges!
Au diable votre diable!
Au diable les anges!
Parlez moi des hommes.


Nous avons décidé de vivre,
cela n'a pas de sens,
nous avons décidé de vivre,
nous perdons le temps doucement,
pomme feuille et bois, les arbres et les ambres les jambes fleurissent de chemin,
Toujours attiré par la plus grande solitude
nous retrouvons le monde humain sur la plus dure des roches,l'humain , friable faillible entre tous , nous retrouvons l'humain.

La femme et l'enfant sur la photo
de noir marchant
chassant la maison blanc vif derrière leur sillage,
le jardin, personne autour,
la petite fille cligne des yeux
les doigts en éventail sur le front trempé de lumière,
l'ombre s'ouvre sur le mur de pierre,
les pommiers en fleurs,
les pommiers grimpent le long de la muraille,
corolles de pleurs fleuris
les pommiers dépoitraillés,
les pommiers en fleurs.

Les hommes doux et forts.




Comme un enfant qui s'endort,
franchesco, le regard clair,
je m'endors comme une enfant le regard clair.
Coupole d'or nous sommes revenus
où il y a des Hommes.
Regard clair .
Nous sommes visibles et invisibles
coupole d'or
terre perceptible et imperceptible




¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨


_ {{ Ce que la présence de cette femme a apaisé en moi, ce n'est pas la soif charnelle d'un voyageur, c'est ma détresse originelle. Je suis né étranger, j'ai vécu étranger et je mourrai plus étranger encore.
Je suis trop orgueilleux pour parler d'hostilité, d'humiliations, de rancoeur, de souffrances, mais je sais reconnaître les regards et les gestes.
Il y a des bras de femmes qui sont des lieux d'exil, et d'autres qui sont la terre natale.}}


Amin Maalouf / Le périple de Baldassare /

samedi 3 octobre 2009






Dans la grande plaine déserte
l'immensité du ciel paupières d'eau, cernes rosées,
prégnant de ses aulnes ployés de crème
nuées de fantômes blancs
visibles à l'oreille, ouverts au front, baignant dans l'iris,
denses comme l'amour balbutié.
Terre où leurs ombres tapent aux fenêtres, ils parlent,tapis noir,
arbres où les fleurs voyagent
vases en effraction, trop éveillées pour renoncer à l'amour.
je dors ainsi, je dors aussi, je ne dors pas.
Dans la grande plaine déserte, le cavalier s'est assis
sur l'outre du ciel.
Aimer aimer sur le front de mon enfance
aimer aimer
la route monte
la route descend
les enfants passent à côté de vos cris,
le fleuve dans l'éventail tendre de la main danse.
Les mots n'ont plus d'appui, ils parlent,amour,
tapis noir où les fleurs voyagent
vases en effraction.








Ce n'est pas que Grabuge soit hostile
rétif rétif
aux oiseaux corsetés de mots
rétif rétif.

Barque dansante
terre d'eau de pierre
pierre d'eau
sauvages blés tournoyant
nos doigts quelquefois sont de trop
de peu et nous les effaçons des nuits entières
enragée
partie chercher le pain
je reviens avec la fièvre
rétif rétif
Grabuge arrache la première page
ta main est là
des nuits entières
des jours légers et pleins
terre d'eau nid de pierres enlacées
sauvages blés tournoyant
tourne la dernière page
pleure et chante.
Par les grandes failles , anfractuosités enracinées de chants
pénètrent les spores de lumière
des berceaux d'âme où dansent les jachères de jonquilles
et les tiges de violettes, de brins de rires en pores de larmes.
Arrache la dernière page, grabuge
pour les oiseaux corsetés de mots

vendredi 2 octobre 2009





Il est très tard trop tôt
le fleuve nuit consume lentement la ville
étend sa lymphe sur la ville
les bras ouverts au point de l'aube
il braconne les premiers chants des arbres
veines et pennes brunes battement béryl ,
cariatides immobiles , balcons de marbre.
l'oiseau silencieux
toupet bleu au coeur sardoine concentrique,
l'oiseau dénudé s'étire à l'assoupi de nos lèvres,
onomatopées de geste au plafond blanc
étonnent la trêve d'un écho trémulant de lumière,
au cou des atlantes immuables des bassines de cuivre dansantes
où nagent les violettes, mues d'alevins au ventre transparent.




jeudi 1 octobre 2009



















promenade dans les bois
promenade
la terre est ronde chemin assoupi
le ciel est dessus nos têtes
les arbres tournent de l'oeil
l'approche de nos pas,
les gnomes jettent des pierres en sifflant les poissons,
le lac au repos,
le souffle de nos bouches
danse sur l'air
s'éparpille comme oiseaux
sur un coup de tête du vent.
Des nuages comme des couettes
glissent des balles de coton
sur les grands champs,
des allures de l'hiver
qui rentre ses troupeaux
chaumières ensevelies de paille
nos mots chuchotés à moitié
des rires sans dire
des douceurs sans faire
nos haleines sur l'air des pas lents
oreilles bleuies
col de laine nid brindille
vapeurs de lune sur le ciel étincelant
une tache rousse, un chevreuil
bouge les branches
et le soir frémit sous la lueur douce et blanche
du ciel de neige qui descend sans bruit.
Un baiser
des coups de pied

un cheval
des coups de fouet

un murmure
des coups de chien

des cris de masque
des cris de masque

des coups de mot dans la poitrine
des coups de poing dans le ventre
frappe frappe dans les fossés
cavalerie frémissante
sabre au clair dévale la colline
des cris de masque

Une jambe ici
une tête là
et puis un pied sous la paupière
une chaussure
une chaussure
exulte de la tête aux pieds
les mains dans la blessure.

Là voilà tout doux amie
ne gâchez pas votre première autopsie
ce bout de peau entre vos dents
tenez le bien déroulez le doucement
pour votre premier ruban de gloire.

mercredi 30 septembre 2009

Le poème de Margaret Atwood, traduit de l'anglais au français par Paul, que je remercie pour son temps pris, dont le site se trouve en lien sur le mien à l'adresse: Lettres d'ailleurs, ailleurs

* http://www.lettresdailleurs.overblog.com





*********




RÊVE N° 3 : L'ours nocturne qui fit peur au bétail



Une multitude de cornes s’avance vers nous

foule le sol et mugit,

nuit

où apparemment mon esprit ne voit

qu’une anecdote



On riait, protégés par nos lanternes

à la porte de la cuisine



bien que cachée sous les histoires



où les oiseaux oubliés

traversent en frémissant la mémoire, des rides sur les eaux

et une lune qui vacille, s’enfonce dans le lac

orange, préhistorique



Je me penche, mes pieds sont impalpables

puisque je ne suis pas ici



Je regarde cet ours, je ne l’ai pas vu se matérialiser

d’entre les arbres, silhouette

aussi précaire qu’un écho



mais il est réel, plus dense

que réel, je le sais

ici même en plein jour

dans cette cuisine tangible



incarnation de toutes les terreurs



il s’avance vers la cabine éclairée

en contrebas sur la pente

où se rassemble ma famille



vibration muette qui glisse

entre mes deux oreilles






Grabuge le chat peut être perfide , sauvage peste et vaniteux .

C'est terrible!

Il a quelquefois de ces gravités qui ressemblent furieusement à celles des humains.


Grabuge peut être grave à ses heures , terrible!

Aléatoire précaire fragile douloureux terrifié

Il est quelquefois perfide, peste et vaniteux sauvage ressemblant furieusement aux humains.

Piètre attelage
piètre bagage
deux trois os précieux
une pierre à chanter
une vieille femme qui poursuit sur ses rides l'homme au plus haut de ces songes les plus utiles, le baiser improbable , le plus sauvage et le plus doux.

mardi 29 septembre 2009

les femmes battent rompent leur éventail
un coup de grenade noire
vêtues de dentelle
vêtues aussi de noire
éventail
oiseau cliquetant
au coeur de la mort
pas d'artifice
elles soufflent l'air dans ces chambres opaques
leurs cheveux répandent le flot de l'herbe
encore elles qui serrent les vivants dans leurs bras ouverts
et recueillent l'eau au point de l'aulne où l'aurore fouit la terre,
dans leurs mains douloureuses projetées comme ricochets,
nénuphars de lait fleurant les suaires,
la mort claque des dents,
elles, pleurant à l'ados de lumière , donnent à l'aube
les premières foulées du jour,des grâces voilées sans mot,
un nouveau caractère, le rouge battant de bouche.
L'espace.



Un matin
dans ma chambre je m'habille
avant d'aller travailler,réalité,
fenêtre entrouverte le soleil babille,
le balcon est petit
perché au deuxième
d'autres balcons tout autour
font le tour
aucune colonne de chiffres
aucune prescription
pas de compte rendu
pas d'explication de texte
pas d'ordonnance
pas de consolation
grabuge le chat rentre dans la chambre
il m'ignore
fait le tour de chaque pièce
saute sur la fenêtre au soleil
redescend,retourne au soleil
revient dans l'ombre bienfaisante,
puis il saute sur mon épaule
regarde la feuille
marche dessus , retourne sur mon épaule,
il n'est jamais reparti.
Il choisit l'épaule,
aucune colonne de chiffres.
Il choisit l'épaule, réalité.
L'esprit a de la chair
la chair a de l'esprit,l'espace.
Cela bâillonne et musèle la mort,être,
grabuge aux yeux de jade danse sur mon épaule,
l'espace.
Juste l'espace et l'étonnement.
Juste là, vulnérable et fort.

dimanche 27 septembre 2009

Etrange et merveilleux
le ciel n'a pas de bords.
En-a-t-il, que je ne les vois pas.
Le livre.

j'avais encore sur la peau
cette odeur de feuillage humide qui dansait sur ma nuque,
l'espace entre le soleil vautré sur une chaise en terrasse
et l'ombre qui léchait la frange de mon voisin de table,
j'avais juste la place pour commencer le livre.
J'aime tirer des traits à main levée sous les phrases et les mots,
en embuscade, j'attendais longtemps avant de sortir le crayon
de mon sac, il fallait le fouiller de fond en comble,
secouer les papiers de la veille,
j'espérais avec ardeur que personne n'aperçoive mon geste,
car je volais la première page entrouverte en riant de bon coeur,
je pouvais faire parler la chaise.
Aux aguets dans la quiétude de l'herbe j'aurais pu rester des heures, immobile
à remonter le cours du trajet des fourmis
en y posant de temps en temps un doigt sur la motte en boule,
là déviant la course en y roulant une feuille brûlée de soleil,
ici en éclatant un caillou qui faisait un bruit d'éclat tel
que les oiseaux arrêtaient de courir sous les acacias.
Le livre arrêtait le verbe mourir
et le silence qu'il faisait donnait envie de mourir
pour lui laisser l'espace entre le soleil gourmand
de déchirures sur la peau
et l'ombre légère rayant l'air de pics d'azur
derrière la grille de fer.
Des plis se formaient aux yeux , des griffes d'oiseaux,
le nez se fronçait sous l'effet de la charrue sur une terre fracassée,
de la bouche les dents jaillissaient sous la poussée
d'une irrésistible peste blonde d'implacables vendanges
d'une mort endiguée par un sorcier de nul part.
Un festin de sang dessus dessous,
les têtes du soleil une à une tombaient
mais les doigts restaient à enfoncer les ongles
dans la paille des masques
où l'on touchait le coeur du monde.
J'avais juste l'espace pour commencer le livre.